Le directeur artistique d’un théâtre et d’un festival rochelais est mis en examen pour viol et harcèlement sexuel. Maître Grégory DORANGES assure la défense de l’une des plaignantes. Le cabinet revient sur cette affaire et sur son engagement aux côtés des victimes de violences à caractère sexuel.
Ce que signifie être mis en examen : quelques repères juridiques essentiels
Il nous paraît utile de rappeler quelques notions fondamentales pour le lecteur non-juriste.
Une mise en examen — anciennement appelée inculpation — intervient lorsqu’un juge d’instruction estime qu’il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’une personne ait pu participer à la commission d’une infraction. Elle n’est ni une déclaration de culpabilité ni une condamnation.
La personne mise en examen bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive de justice, et dispose de l’intégralité de ses droits à la défense.
L’information judiciaire — ou instruction — est la phase d’enquête approfondie conduite par un juge d’instruction indépendant. Ce magistrat dispose de larges pouvoirs d’investigation : il peut ordonner des expertises, procéder à des auditions, délivrer des commissions rogatoires. C’est à l’issue de cette phase qu’il décide soit de renvoyer l’affaire devant une juridiction de jugement, soit de prononcer un non-lieu.
Enfin, la partie civile est la victime qui se constitue officiellement dans la procédure pénale afin d’y faire valoir ses droits — être entendue, accéder au dossier par l’intermédiaire de son avocat, et obtenir réparation du préjudice subi. Se faire assister d’un avocat dès ce stade est déterminant.
Une affaire qui ébranle le milieu culturel rochelais
La scène culturelle de La Rochelle est traversée depuis plusieurs semaines par une affaire judiciaire d’une gravité particulière. Le directeur artistique d’un théâtre et d’un festival bien implantés sur le territoire rochelais a été mis en examen début février 2026 pour viol et harcèlement sexuel.
Le procureur de la République de La Rochelle, Arnaud Laraize, a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire : sept plaintes ont été déposées par sept femmes, confiées à une juge d’instruction du Tribunal Judiciaire de La Rochelle. L’une d’elles concerne un viol, crime relevant de la compétence de la Cour d’assises ; les autres portent sur des faits de harcèlement sexuel, qualifiés de délits.
L’affaire a été portée à la connaissance du parquet dès le mois de juin 2025 par le maire d’Aytré et son adjoint à la culture, qui ont fait application de l‘article 40 du Code de procédure pénale. Ce texte impose à tout fonctionnaire ayant connaissance d’un crime ou d’un délit, dans l’exercice de ses fonctions, d’en informer sans délai le procureur de la République. Un contrôle judiciaire a été prononcé, assorti d’une interdiction d’exercer au sein de la structure associative qu’il dirigeait, de contacter les victimes et d’utiliser les réseaux sociaux.
Le mis en examen conteste les faits qui lui sont reprochés et reste présumé innocent.
Un mode opératoire numérique et méthodique
Selon les éléments rendus publics et les témoignages recueillis par la presse locale, le mode opératoire présumé se caractérisait par sa dimension numérique et sa préméditation. D’après le collectif informel de victimes constitué au fil des révélations, le mis en examen approchait des artistes, des stagiaires ou des spectatrices, et usait de stratagèmes — notamment liés à sa position hiérarchique — pour accéder aux comptes personnels de ses victimes sur les réseaux sociaux. Des photos intimes auraient été subtilisées puis diffusées à leur entourage, souvent via de faux profils créés à cet effet.
Défendre les victimes avec rigueur et détermination
Maître Grégory DORANGES, avocat certifié spécialiste en droit pénal, représente l’une des plaignantes dans cette affaire. Son rôle illustre l’engagement du cabinet auprès des personnes victimes de violences à caractère sexuel : une défense construite sur la solidité des éléments du dossier, sans jamais sacrifier l’humain à la technique.
Dans cette affaire, la robustesse du dossier tient selon lui à la convergence de plusieurs facteurs : le nombre de plaignantes, la cohérence du mode opératoire décrit, et surtout des éléments concrets de preuve que les investigations ont permis de corroborer.
Interrogé par les journalistes d’Ici La Rochelle, Maître Grégory DORANGES a ainsi pu dire que :
« La force de ce dossier, c’est que les victimes ont pu parler entre elles. Non pas pour avoir la même version des faits, mais pour expliquer qu’elles ne sont pas des victimes isolées. On a non seulement le nombre des plaignantes, le mode opératoire, mais surtout on a un dossier caractérisé. Dans le dossier, il y a des éléments. Et les résultats de l’enquête corroborent ce que les plaignantes disent. »
L’avocat pénaliste insiste également sur une réalité que connaissent bien les praticiens du droit pénal : le chemin vers le dépôt de plainte est souvent semé d’obstacles pour les victimes de violences sexuelles. Découragement, isolement, sentiment d’impuissance face à un mis en cause influent dans son milieu — autant de freins que le cabinet s’attache à lever, en accompagnant ses clientes dès les premières démarches.
« On lui a fait comprendre que si elle était toute seule, ça ne valait rien. Heureusement qu’elle est armée de son courage et de sa détermination à obtenir justice. »
Quant à la conduite de l’instruction elle-même, Maître Grégory DORANGES se dit confiant dans le sérieux avec lequel le dossier est traité sur le plan judiciaire :
« La juge d’instruction de La Rochelle chargée de cette affaire est une magistrate rigoureuse et consciencieuse, ce qui est un vrai gage de sérénité pour les parties civiles. »
La durée de l’instruction est estimée à au moins un an et demi, voire davantage selon l’avancement des investigations.
Cet article est rédigé sur la base d’informations issues de sources publiques (déclarations du procureur de la République, articles de presse). Il respecte la présomption d’innocence dont bénéficie toute personne mise en examen, ainsi que le secret de l’instruction. Il ne préjuge en aucune façon de l’issue de la procédure judiciaire en cours.